Une fois de plus, les 20 km de Lausanne ont enregistré un record d’inscriptions. 419 demandes supplémentaires par rapport à l’an passé, ce qui porte à 16 822 le nombre d’inscriptions pour l’épreuve de demain. Facile, diront certains. Après avoir connu un léger tassement, la course à pied connaît à nouveau un incroyable engouement. «A une époque où l’on insiste sur la prévention-santé, c’est le sport le plus simple et le plus accessible. Il suffit d’une paire de baskets, on y va seul et quand on veut», relève Patrice Iseli, président du comité directeur des 20 km.
PHÉNOMÈNE GLOBAL
Les 20 km de Lausanne ne sont pas seuls à péter la forme. Sans doute plus accessible en raison d’une distance de 7,2 km seulement, la course de l’Escalade est toujours la plus populaire du pays, loin devant le GP de Berne, qui a quand même franchi le cap des 20 000 participants il y a une quinzaine de jours. Plus près de nous, la course des Traîne-Savates, à Cheseaux, a battu son record de fréquentation le même week-end. On pourrait multiplier les exemples en évoquant les courses par étapes comme le Tour du Chablais et celui du Pays de Vaud.
EFFORTS PAYANTS
«Attention, prévient Robert Bruchez, le big boss des 20 km. Je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple que cela. Des épreuves comme la nôtre voient effectivement leur participation grimper. Mais, à l’inverse, des petites courses régionales souffrent, comme Aubonne - Signal-de-Bougy, le week-end dernier (273 partants seulement).» Sa conclusion: il faut sans cesse penser à améliorer les petits détails en écoutant les coureurs et privilégier la convivialité.
UNE GRANDE FAMILLE
Aux 20 km de Lausanne, dont c’est tout de même la 28e édition, on retrouve au sein d’une même famille deux ou trois générations de coureurs qui se côtoient. Les organisateurs, grâce au soutien financier de la ville, pratiquent toujours la gratuité pour les enfants. Des milliers de gamins avec leurs familles dans un site de Vidy qui reste un endroit privilégié, c’est un des moyens de pérenniser une épreuve. «J’adore cet esprit famille», admet Sandra Annen-Lamard, ancienne lauréate du Marathon de Lausanne. Elle sera au départ en compagnie de son mari et elle compte bien transmettre le virus à ses jeunes enfants.
FIDÉLITÉ
Dans un tout autre registre, le meilleur moyen de constituer un clan fidèle sur le long terme passe par les souvenirs tangibles. On veut parler du fameux T-shirt des 20 km. «On avait organisé un sondage il y a quelques années, raconte Robert Bruchez. Les gens insistaient pour qu’on continue.» D’un point de vue identitaire, il suffit de se promener à Vidy ou au Chalet-à-Gobet les semaines suivant la course pour s’en rendre compte. Il y a ceux qui ont fait les 20 km et le font savoir en arborant fièrement ce collector… et les autres.
L’ENDROIT OÙ IL FAUT ÊTRE
C’est connu: «Le monde attire le monde», reconnaît Robert Bruchez. Comme dans un restaurant aux trois quarts plein, le coureur du dimanche aura envie un jour ou l’autre d’y goûter. Faire les 20 km, c’est l’assurance de pouvoir en parler pendant des semaines avec les amis et la famille. Plus simplement, c’est aussi une expérience inoubliable que de se retrouver une fois dans la foule. C’est stressant, disent presque tous. Mais c’est aussi une formidable motivation que de se retrouver dans cet interminable serpent, avec ces anonymes qui souffrent à vos côtés. Même les pros en ont conscience. «Tout ce monde, c’est hypermotivant, souligne Tanya Diem, triathlète pro. A part ça, Lausanne, c’est aussi l’occasion de prendre d’assaut la ville et de laisser les voitures prendre d’autres chemins, c’est l’occasion de voir plein d’amis sportifs que tu ne vois pas sur d’autres courses.»